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Méditerranée : « La crise nous oblige à repenser le modèle économique du tourisme… »

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Méditerranée : « La crise nous oblige à repenser le modèle économique du tourisme… »

16/04/20

De nombreux emplois sont menacés dans le monde entier, en particulier dans la région méditerranéenne, car qu’il s’agisse d’épidémies, de pandémies, de guerres, de crises économiques ou de catastrophes naturelles, ce qui se passe dans l’environnement affecte également le tourisme.

Dans un communiqué, Anwar Zibaoui, Coordinateur Général de l’ASCAME ( l’Association des Chambres de Commerce et d’Industrie de la Méditerranée), rappelle que le tourisme sera l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie de Covid-19, car ce secteur ne peut être isolé du contexte local, national ou mondial dans lequel il opère.

En raison de sa nature transversale, le secteur du tourisme a un impact sur 70 autres activités économiques et représente 10 % du PIB et 10 % de l’emploi dans le monde.

Sur les 7,2 milliards d’habitants de la planète, 1,5 milliard ont traversé une frontière pour des voyages de loisirs en 2019. Les recettes générées par le tourisme ont augmenté pour atteindre 1 700 milliards de dollars, soit près de 5 milliards de dollars par jour.

Un chiffre record. Au cours de la dernière décennie, la croissance du tourisme a été spectaculaire, avec 69 % de touristes internationaux en plus, et les conséquences de cette évolution dépendront du type de gestion mis en place.

S’il est géré de manière responsable, le tourisme stimulera une croissance inclusive, créera des emplois et des PME, attirera les investissements et stimulera l’économie.

La Méditerranée est la première zone touristique du monde avec près de 400 millions de touristes : 32 % des arrivées de touristes internationaux et 30 % des recettes touristiques mondiales.

Elle représente 13% des exportations, 23% du secteur des services et emploie plus de 20 millions de personnes. En Méditerranée, le tourisme est un moteur de croissance et peut également être une force pour la reprise économique.

En effet, le secteur peut conduire à la création d’emplois et satisfaire le besoin de financement extérieur dû à l’augmentation des flux d’entrée étrangers. Cette capacité d’attraction dans d’autres secteurs et ses avantages indirects sont des facteurs multiplicateurs.

Dans le passé, le secteur du tourisme a démontré sa capacité à surmonter les crises et à s’adapter au changement, à stimuler la croissance et à créer des emplois, malgré les défis économiques et géopolitiques, du terrorisme ou des catastrophes naturelles.

La clé du succès est l’optimisme, mais un changement est nécessaire. La crise nous oblige à repenser le modèle économique. Il est nécessaire de réfléchir aux moyens de faire et de trouver de nouvelles voies pour la commercialisation, la réinvention et la croissance.

Sortir de cette crise majeure et valoriser le tourisme en Méditerranée

Méditerranée : « La crise nous oblige à repenser le modèle économique du tourisme… »

Il est nécessaire de travailler avec les territoires, de repenser le tourisme social et de préserver le patrimoine ; en résumé, de parier sur un tourisme durable.

La perspective même du changement climatique constitue une grave menace pour le développement et la durabilité. L’avenir comporte de nombreux défis déterminants, notamment en termes de gestion du tourisme comme le climat et l’environnement, ou encore la stratégie et la durabilité.

Il est urgent de renforcer l’offre touristique dans tous les pays méditerranéens, à la fois en raison de leur diversité culturelle et de leur importance historique, avec un accent particulier sur la grande biodiversité qui existe.

Sortir de cette crise majeure et valoriser le tourisme en Méditerranée est la réponse la plus logique.

Mais quelle est la stratégie ? Quels outils les acteurs économiques et les communautés mettront-ils en place ? L’échange de pratiques et la coordination entre les pays des deux rives devraient être la priorité.

Les gouvernements, le secteur privé et la communauté internationale doivent travailler ensemble pour surmonter le COVID-19 et cette crise sociale et économique sans précédent.

Toutefois, la capacité de stimulation variera considérablement d’un pays à l’autre. Plusieurs facteurs entreront en jeu, tels que les infrastructures, les ressources humaines, la capacité économique et même les facteurs politiques.

Il est urgent d’atténuer l’impact de la crise, d’assurer la reprise du tourisme et de permettre au secteur de jouer un rôle de premier plan dans la reprise générale.

La pandémie est une occasion sans précédent de réorganiser le secteur

Pour accélérer la reprise, il est nécessaire de renforcer les mesures de relance et de fournir des incitations financières en faveur de l’investissement et de l’exploitation du tourisme ainsi que de la préparation de l’avenir.

Proposer des incitations au maintien de l’emploi, soutenir les PME et les différentes couches sectorielles et protéger les groupes les plus vulnérables.

Revoir les taxes, redevances et réglementations qui affectent le transport et le tourisme. Assurer la protection et la confiance des consommateurs. Promouvoir des événements et des conférences.

Promouvoir de nouveaux emplois et l’acquisition de compétences, en particulier de compétences numériques. Inclure le tourisme dans les mécanismes d’urgence économique nationaux, régionaux et mondiaux pour rétablir la confiance et stimuler la demande. Créer des mécanismes et des stratégies de gestion de crise.

En conclusion, donner la priorité au tourisme dans les programmes nationaux, régionaux ou internationaux de relance et d’aide au développement.

Bien que la situation soit alarmante, elle n’est pas si désespérée. Il existe une grande capacité, un énorme potentiel pour reprendre une place essentielle dans les économies nationales dans le cadre des priorités du développement durable.

La pandémie est une occasion sans précédent de réorganiser le secteur et d’assurer non seulement sa croissance mais aussi sa durabilité, avec comme priorités l’inclusion et la responsabilité.

Il est temps de diversifier les marchés, les produits et les services. Investir dans des systèmes d’analyse de marché, dans l’intelligence économique et la transformation numérique, ainsi que dans le capital humain et les talents.

Jusqu’à présent, les intérêts nationaux en matière de tourisme et la compétitivité des pays méditerranéens ont prévalu. Le moment est venu d’investir dans la coopération régionale et la volonté d’unir les forces afin de sortir plus fort de cette pandémie.

Allons de l’avant. Il est possible d’affronter les défis, les incertitudes, les pandémies et les défis du changement climatique avec une meilleure organisation et de meilleures perspectives de durabilité à long terme. Une fois encore, le tourisme sortira lui aussi de cette crise.

Tourmag du 17 avril

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