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[Into Days] Pourquoi (et comment) l’office de tourisme doit se réinventer

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[Into Days] Pourquoi (et comment) l’office de tourisme doit se réinventer

01/02/19

Après une importante réorganisation administrative, les offices du tourisme doivent maintenant s’interroger sur leur devenir pour affirmer leur légitimité selon Jean-Luc Boulin, responsable de la Commission Prospective d’Offices de Tourisme de France (OTF).

L’Echo touristique : A l’occasion d’Into Days, vous animez un débat sur la place de l’office de tourisme dans le futur. Doivent-ils se réinventer ?

Jean-Luc Boulin : Les offices de tourisme ont été créés il y a plus d’un siècle. Ils ont vécu plusieurs mutations, et notamment celle du numérique, l’une des plus frappantes. Ils doivent aussi composer avec les mutations sociétales et les changements de comportements. C’est pour répondre à tous ces enjeux qu’OTF a créé une commission dont la mission est d’anticiper et d’imaginer la place des offices du tourisme dans le futur. Comment l’office de tourisme peut rester l’acteur liant public et privé en animant l’écosystème touristique local, tout en répondant aux nouveaux besoins de ses visiteurs ? Ce qui est certain, c’est que l’office de tourisme est indispensable dans la culture touristique française. Ils ne disparaîtront pas. Mais ils fonctionneront sur des modèles différents.

Quels pourraient être ces modèles ?

Nous avons imaginé 10 scénarios différents, que nous avons publié sur le site http://officedetourismedufutur.fr/. Les offices du tourisme doivent questionner le rapport qu’ils ont à leurs visiteurs. La question est moins cruciale pour des offices du tourisme très fréquentés comme celui de Cannes, qui accueille jusqu’à 5 000 visiteurs par jour. Mais dans les plus petites structures, les équipes imaginent déjà de nouvelles façons de répondre aux attentes. Des lieux cosy, avec des sofas, des bibliothèques et une ambiance « comme à la maison » sont créés, pendant que d’autres s’adaptent à leurs publics en redéfinissant leurs activités.

C’est donc surtout une question de forme ?

Pas seulement, parce que les offices du tourisme proposeront toujours le panel de services traditionnels (accueil, informations, distribution de brochures…), qui est un socle immuable. Mais chacun doit faire preuve d’ouverture d’esprit. A Evreux, l’OT a changé de nom et s’appelle maintenant le Comptoir des Loisirs. Face à la typologie réelle de ses visiteurs – des locaux à la recherche d’activités plutôt que des visiteurs étrangers – le Comptoir a recentré ses services autour de cette proposition, et retrouve une fréquentation intéressante. L’office du tourisme de Vienne-Condrieu est quant à lui un objet de visite touristique à part entière. En plus de l’information qu’on y trouve, il fait office de cave de dégustation de vin, de loueur de vélos, on peut y manger au restaurant, y boire un verre au bar… Il faudra trouver le moyen d’apporter une valeur ajoutée pour des visiteurs qui peuvent trouver beaucoup d’informations en ligne et se déplacent donc en quête de services et de liens humains supplémentaires.

Jean-Luc Boulin intervient aux côtés de Jean-Patrick Mancini, directeur de la Fédération régionale des offices de tourisme Provence-Alpes-Côte d’Azur, lors de la dernière journée d’Into Days, dont le programme complet est disponible en ligne.

echotouristique.com du 1/02/19

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