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Coronavirus et tourisme: la Grèce veut parier sur les vacances d’été

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Coronavirus et tourisme: la Grèce veut parier sur les vacances d’été

01/05/20

Le gouvernement, fort d’une crise du Covid-19 relativement bien gérée, multiplie les efforts pour sauver la saison estivale. Les hôtels rouvriront entre le 1er juin et le 9 juillet.

Les touristes pourront-ils revenir en Grèce pour leurs vacances d’été? Sur l’île de Santorin, l’heure est à l’interrogation. Au terme de près de huit semaines de confinement strict, et alors qu’aucun cas de coronavirus n’a été détecté sur l’île, la question se pose. Ce bijou des Cyclades est sans doute la plus visitée des 24 îles de l’archipel, avec ses couchers de soleil parmi les plus beaux au monde et ses maisons blanches suspendues entre ciel et terre.

 

«80% de l’île vit uniquement du tourisme», résume Petros Livadaros de El Viento Weddings Santorini, organisateur de mariages. Il a pu célébrer deux cérémonies avant le confinement général du 23 mars, alors qu’il «ne faut pas moins de deux années d’attente pour pouvoir célébrer son union sur la Caldera, tant les demandes sont importantes. Aujourd’hui, je cumule les annulations du monde entier. Beaucoup sont en pleurs et espèrent une ouverture prochaine des frontières», déplore-t-il.

 

Alors que les températures dépassent déjà les 27 degrés, les ruelles de l’île sont vides et les plages désertes. Il est interdit de se baigner. Mais qu’importe, les professionnels du tourisme veulent y croire. Dès lundi 4 mai, le déconfinement par étapes va commencer et ils se préparent.

 

Certains repeignent à la chaux leurs maisons d’hôtes ou leurs hôtels, d’autres se mettent à la fabrication de masques en tissu, frappés du drapeau grec, pour les laisser à la disposition de leur clientèle. D’autres encore revoient l’agencement de leur restaurant. Les mesures barrières font à présent partie de leur vie, et ils veulent le faire savoir.

 

Silence dans les ruelles de Paros

À quelques encablures de Santorin, sur l’île de Paros, même silence dans les ruelles. Catherine Battner, co-fondatrice de l’agence de communication 96B, vit à Paris. Depuis 7 ans, elle a trouvé son havre de paix à Paros, alors pas question de s’en priver cette année.

 

«Nous sommes une bande d’amis qui attendons cette échappée pour recharger nos batteries» confie-t-elle. «La crise sanitaire et le confinement comme nous le vivons à Paris en ce moment est tellement anxiogène que Paros est notre bol d’air. Nous nous interrogeons sur les moyens de nous y rendre. Nous avons même pensé à la voiture en passant, non pas par l’Italie, mais par l’Albanie».

Frédéric Chesneau est dans le même cas. Ce «globe trotteur», le titre de l’émission qui l’a rendu célèbre à la télévision française, a ouvert un restaurant saisonnier sur cette île des Cyclades il y a quatre ans. Au vu du contexte, il ne sait pas s’il pourra ouvrir son établissement situé à Parikia, la capitale de l’île. «Je devrais déjà y être aux côtés de mes sept employés. Je suis bloqué à Paris et je me dis que si la saison ne débute qu’en juillet, il sera trop tard. Sans compter qu’on ne sait pas si les touristes seront au rendez-vous», confie-t-il. «En même temps, nombre de mes amis, de mes connaissances, qui se rendent, chaque été, en Espagne ou en Italie, m’interrogent sur la Grèce. Tous ont vu le sérieux des Hellènes dans cette crise sanitaire et se sentent en sécurité pour programmer leurs vacances», poursuit-il.

 

Cet engouement pour la Grèce devrait être partagé par nombre de Français: elle est leur deuxième destination préférée, après l’Espagne. En 2019, ils étaient près de deux millions à se rendre au pays d’Aristote.

 

Un modèle de sérieux sanitaire?

Le tourisme est le deuxième pilier de l’économie grecque (20% du PIB), derrière la marine marchande. Il emploie un actif sur cinq et concerne 150 secteurs d’activité. L’an dernier, la Grèce a reçu quelque 34 millions de visiteurs, pour des recettes cumulées de 18 milliards d’euros. Aujourd’hui, 90% du trafic maritime est à l’arrêt, ainsi que 59% des vols internes et internationaux. Un hôtel sur quatre est menacé de faillite.

 

Les autorités ont décidé de mettre en avant le sérieux du pays, acquis pendant la crise sanitaire, pour attirer à nouveau les visiteurs. A la fin avril, la Grèce comptait moins de 145 victimes du Covid-19 sur 10 millions d’habitants. Une surprise, là où tous les éléments étaient réunis pour une nouvelle tragédie. Sa population vieillit et, surtout, les dix années de coupes budgétaires dues à la crise économique, ont laissé le système de santé exsangue avec des manques importants de personnel et matériel.

 

Le pays était, jusqu’à présent, le mouton noir de l’Europe pour la gestion de ses finances. La Grèce est aujourd’hui applaudie pour sa discipline. Actuellement, toute personne arrivant à l’aéroport est testée. Si le résultat est positif, elle passe sa quatorzaine dans un hôtel réquisitionné par l’État. Et Athènes se démène pour se procurer des tests donnant un résultat au bout de 15 minutes.

 

Pour les hôtels, le calendrier est arrêté. Ceux qui fonctionnent à l’année pourront rouvrir le 1er juin, les saisonniers le 9 juillet. Les plages devraient être accessibles le 18 mai. Enfin, pour ceux qui avaient prépayé leurs vacances et ont été contraints d’annuler pour cause de Covid-19, les autorités ont accordé aux compagnies aériennes, aux ferries ainsi qu’aux hôtels du pays le droit de leur remettre un «voucher», un avoir valable 18 mois, plutôt qu’un remboursement. Un système comparable à celui en vigueur en France depuis l’ordonnance du 25 mars 2020. Forts de ces initiatives, les professionnels du tourisme, dont nombre de saisonniers, espèrent bien tirer leur épingle du jeu. Y parviendront-ils ? Une chose est sûre: les prochaines semaines devraient être décisives.

Déconfinement en Grèce : les dates prévues

4 mai: ouverture des petits commerces

11 mai: ouverture des bars et restaurants ayant une terrasse, reprise des classes de terminale

18 mai: ouverture des plages et reprise des vols internes

1er juin: reprise des classes sauf les maternelles, réouverture des hôtels qui fonctionnent toute l’année

Fin juin: reprise des vols internationaux

9 juillet: réouverture des hôtels saisonniers

le figaro du 1er mai

 

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