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Cinq hébergements touristiques décrochent l’Ecolabel européen

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Cinq hébergements touristiques décrochent l’Ecolabel européen

10/08/18
 
Bon cru pour le tourisme vert : cinq établissements corses ont rempli cette année les critères environnementaux de l’Ecolabel européen grâce à un accompagnement de l’Ademe

De Cagnano à Propriano, l’écologie n’est pas un vain mot pour les établissements touristiques soucieux de réduire leur empreinte environnementale.

A l’issue d’un an de préparation durant lequel ils ont été accompagnés par l’Ademe de Corse, cinq hébergements ont reçu cette année l’Ecolabel européen, qui garantit une gestion raisonnée des ressources naturelles : le village de vacances Bagheera à Linguizzetta, l’hôtel KJC Le Kallisté à Porto Pollo, le village vacances U Livanti à Propriano, l’hôtel Misincu à Cagnano et le camping Sagone Resort à Sagone affichent dorénavant la petite fleur verte. « Il n’y avait pas de sélection a priori sur le standing de l’établissement ou sur son avancée en matière d’écologie », explique Pierre-Olivier Filippi, ingénieur à l’Ademe.

Les établissements qui se sont positionnés pour être accompagnés par l’Ademe n’avaient ainsi pas tous le même historique : certains étaient engagés depuis des années, par conviction, dans la réduction de leur empreinte environnementale, d’autres plus récents faisaient leurs premiers pas dans le monde des écolabels. « La première phase a été de faire un diagnostic de chaque établissement : il fallait voir quels étaient les écarts par rapport aux exigences de l’écolabel et quels investissements seraient nécessaires, poursuit Pierre-Olivier Filippi. En moyenne, chaque établissement a investi 10 000 euros cette année, subventionnés à 50 %. La majeure partie de ces investissements concernait la formation du personnel. »

Pour le village de vacances Bagheera, le diagnostic a été un sans-faute et aucun investissement n’a été nécessaire pour obtenir l’Ecolabel : « Depuis l’ouverture, dans les années 1960, nous sommes très attachés au respect de l’environnement », témoigne Marie Filippi, gérante du domaine. Avec des chauffe-eau solaires, un éclairage à Led sur tout le site, des réducteurs de débit d’eau et un tri des déchets scrupuleux, le village naturiste de la Plaine orientale, qui compte 250 emplacements de camping et 100 logements, est presque en avance sur son temps : « Le naturisme est lié au respect du milieu naturel, nos clients comprennent très bien notre démarche et l’apprécient, assure Marie Filippi. Par exemple, ils apportent spontanément leurs biodéchets pour notre compost, que nous utilisons ensuite dans notre plantation d’amandiers bio. »

Dans un style très différent, l’Ecolabel européen a également été décerné cette année à un hôtel de luxe : le Misincu, un cinq-étoiles du Cap Corse ouvert en 2017. Après une première saison marquée par des démêlés juridiques qui ont poussé l’établissement à détruire la paillote installée sur la plage voisine, l’hôtel a voulu repartir d’un pied vert : « Misincu est au cœur de la nature, nous avons dépollué tout le site avant de construire l’hôtel, il nous semblait donc évident d’adhérer à cet écolabel », estime Virginie Mayard, directrice générale du Misincu.

Équipé de chauffe-eau solaires, l’hôtel a également limité sa consommation d’énergie grâce à une conception architecturale intelligente : « Toutes les parties communes ont été pensées pour avoir le maximum d’aération naturelle. Au bar ou au restaurant, la climatisation n’est pratiquement jamais utilisée car tout est ouvert et ventilé », explique Virginie Mayard. La clientèle haut de gamme de l’établissement ne se plaint pas de devoir faire le tri de ses déchets ou limiter la climatisation à 24°C dans les chambres : « Cela leur semble évident, assure la directrice. Nous parlons à des gens qui veulent être au bout du monde, isolés de tout, l’hôtel devait être écologique. »

L’année prochaine, l’hôtel du Cap Corse a prévu de remplacer les produits d’accueil individuels (savons, shampooings,…) par des bonbonnes rechargeables et d’équiper tout l’hôtel de panneaux solaires. Du côté de Bagheera, c’est un projet de récupération des eaux des douches et des lavabos pour l’arrosage qui pourrait se concrétiser prochainement.

Quant à l’Ademe, elle mènera une étude sur les différents critères de l’écolabel qui permettra de chiffrer les améliorations dans chaque établissement.

Loin d’être une finalité, l’Ecolabel européen est donc un premier pas pour mieux concilier tourisme et respect de l’environnement.

 

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Corse matin du 10 août 2018

AUDREY CHAUVET

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