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Le Figaro : « La Corse veut devenir une «destination incontournable» pour la plongée sous-marine. »

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Jean-Louis Moretti

Responsable Pôle Développement & Ingénierie

Le Figaro : « La Corse veut devenir une «destination incontournable» pour la plongée sous-marine. »

17/03/26

A lire sur le Figaro du 16/03/26

Malgré le potentiel certain de l’île de Beauté, elle peine encore à attirer les plongeurs toute l’année.

Découvrir les espèces menacées en plongeant dans les eaux translucides des côtes corses. Un rêve que beaucoup de visiteurs de l’île de Beauté choisissent de réaliser chaque année durant l’été. Reste pour la soixantaine de clubs de plongée à trouver une clientèle pour les autres mois de l’année. Une ambition qui pousse l’agence du tourisme de la Corse (ATC), à vouloir placer la région comme une «destination incontournable pour la plongée» : «La plongée est une activité ancienne sur l’île, constate Jean-Louis Moretti responsable du pôle ingénierie et développement de l’ATC. Nous l’aidons à se structurer sur le temps long. L’île se démarque avant tout par la proportion de clubs qui ont un statut commercial. Ailleurs en France, ce sont des associations. Cela témoigne de la structuration de la filière.

De quoi offrir aussi un tourisme plus responsable et durable à travers la plongée sous-marine, le snorkeling, l’apnée ou d’autres sports du même acabit. Cette activité a également l’avantage de se pratiquer huit mois de l’année : «on peut plonger très tôt au printemps jusque tard dans la saison, ajoute Jean-Louis Moretti. C’est une activité éco-touristique qui contribue à repositionner l’île comme une destination nature et expérientielle accessible toute l’année. Cela repose sur l’observation des richesses sous-marines corses comme les herbiers de posidonie, la biodiversité remarquable et les récifs, mais aussi la sensibilisation à la préservation du milieu marin.»

4 à 5 clients quotidiens plutôt que cinquante

Dans cette configuration, les clubs et leurs moniteurs jouent un rôle d’éducateurs à l’environnement. Ils participent même à des programmes de suivi écologique comme le bio-monitoring, le comptage des espèces ou le suivi des coraux. Et n’hésitent pas à utiliser des bateaux hybrides ou électriques, opter pour des mouillages écologiques ou s’engager dans la réduction des plastiques. Autant de facteurs qui offrent une expérience authentique aux visiteurs. Même si la réalité du terrain est souvent bien plus complexe. Les acteurs de la plongée peuvent en témoigner : « notre secteur a des qualités indéniables, mais malheureusement on arrive difficilement à tirer notre épingle du jeu, confie Christian Aragon, patron et directeur technique du club de plongée «E Ragnole» situé à Ajaccio. On pourrait avoir une moyenne de 40 à 50 plongeurs par jour hors saison. Mais actuellement on est plus à quatre ou cinq clients quotidien… »

Le professionnel évoque un obstacle bien connu des acteurs touristiques de l’île. Celui du manque d’attractivité hors saison. Non pas à cause de son potentiel naturel mais en raison de plusieurs facteurs identifiés par tous. Prix excessifs des transports aériens et maritimes pour se rendre en Corse, offre de billets insuffisante, faible réseau hôtelier hors saison, prix de l’hôtellerie-restauration prohibitif : « les ingrédients nécessaires au développement touristique de la plongée ne sont présents que partiellement, ajoute Christian Aragon. Il faut rendre les transports plus accessibles aux visiteurs. Il y a eu des efforts faits sur l’aérien, avec des offres spéciales pour les gens qui viennent faire de la plongée. Mais c’est insuffisant pour rivaliser avec les autres destinations. On peut aller faire de la plongée en Espagne pour 70 euros. Et beaucoup de clubs choisissent la Côte d’Azur pour aller au plus simple. La Corse est en retrait. »

Pour pouvoir travailler toute l’année, la Corse doit encore progresser sur bien des plans touristiques. Entre sa faune exceptionnelle, son environnement protégé et ses nombreuses épaves de bateaux à visiter, l’île possède pourtant un potentiel encore inexploité. Reste à trouver le bon équilibre.

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